Assurance auto : bien choisir sa formule et éviter les mauvaises surprises
Au tiers, intermédiaire ou tous risques : le bon contrat dépend moins de la valeur de votre voiture que de votre capacité à encaisser un sinistre. Voici comment arbitrer, et ce que les contrats ne disent pas.
Les trois formules et ce qu’elles couvrent
Seule la responsabilité civile est obligatoire. Tout le reste relève de votre arbitrage entre cotisation et exposition au risque.
| Formule | Ce qui est couvert | Pour qui |
|---|---|---|
| Au tiers | Uniquement les dommages causés aux autres | Véhicule ancien de faible valeur, dont la perte serait supportable |
| Intermédiaire | Ajoute vol, incendie, bris de glace, événements climatiques | Bon compromis pour un véhicule de cinq à dix ans |
| Tous risques | Ajoute vos propres dommages, même en cas de tort | Véhicule récent, financé, ou dont le remplacement serait difficile |
Ce n’est pas « combien vaut ma voiture » mais « que se passe-t-il si je dois la remplacer demain sans indemnisation ». Si la réponse est problématique, le tous risques se justifie même sur un véhicule de valeur modérée. Si un crédit est en cours, il est presque toujours indispensable.
Le tous risques est généralement imposé par le contrat de location. En cas de vol ou de destruction, le loueur réclame la valeur du véhicule, et l’écart avec l’indemnisation reste à votre charge sans garantie complémentaire.
La garantie du conducteur, la grande oubliée
C’est le point le plus important de cet article, et celui que personne ne regarde au moment de comparer les prix.
La responsabilité civile indemnise vos passagers, les autres véhicules, les piétons. Elle n’indemnise jamais le conducteur lui-même. Si vous êtes responsable d’un accident et que vous êtes blessé, vous n’avez droit à rien au titre de la RC.
Le plafond d’indemnisation, qui doit couvrir une perte de revenus sur toute une vie active en cas d’invalidité grave. Et le seuil de déclenchement : beaucoup de contrats n’indemnisent qu’à partir d’un certain taux d’invalidité permanente, ce qui exclut la majorité des blessures courantes.
Bonus-malus : comment il fonctionne vraiment
Le coefficient de réduction-majoration s’applique à votre cotisation de base. Il démarre à 1 et évolue chaque année.
- Une année sans sinistre responsable fait baisser le coefficient de 5 %.
- Un sinistre entièrement responsable le majore de 25 %.
- Un sinistre partiellement responsable le majore de 12,5 %.
- Le bonus maximal est atteint après treize années sans sinistre, à 0,50.
- Après deux années consécutives sans sinistre, le malus disparaît.
Un bris de glace, un vol, un incendie, une catastrophe naturelle, ou un accident dont vous n’êtes pas responsable et dont le tiers est identifié. En revanche, un accident sans tiers identifié est généralement traité comme responsable.
Comment votre véhicule sera indemnisé
En cas de destruction ou de vol, l’assureur retient une valeur de remplacement à dire d’expert, c’est-à-dire le prix du même véhicule sur le marché de l’occasion. Ce montant est presque toujours inférieur à ce que vous aviez payé.
Deux options corrigent cet écart. La valeur à neuf, qui indemnise au prix d’achat pendant une durée limitée, souvent six à trente-six mois. Et la garantie perte financière, qui comble l’écart entre l’indemnisation et le capital restant dû sur un financement.
Sur un tous risques, la franchise dommages s’applique même quand vous n’êtes pas responsable, tant que le tiers n’est pas identifié. Vérifiez son montant : une franchise à 800 euros rend la garantie inutile sur les petits sinistres.
Changer d’assureur : loi Hamon
Après un an de contrat, vous pouvez résilier à tout moment, sans frais ni justification. Le nouvel assureur se charge des démarches et vous êtes remboursé au prorata.
Avant la première année, c’est la loi Chatel qui s’applique : votre assureur doit vous rappeler l’échéance, et son silence vous ouvre un délai supplémentaire.
Conduire sans assurance expose à une amende de 3 750 euros, la suspension du permis et la confiscation du véhicule. Assurez la continuité entre les deux contrats, même d’une seule journée.
Vos questions
Puis-je prêter ma voiture ?
Oui, sauf clause de conduite exclusive. Mais vérifiez la franchise applicable au conducteur occasionnel, souvent majorée, et l’exclusion éventuelle des conducteurs novices.
Mon jeune conducteur coûte très cher, que faire ?
La surprime jeune conducteur dure trois ans et diminue chaque année sans sinistre. La conduite accompagnée la réduit fortement. Être déclaré conducteur secondaire sur le contrat d’un parent permet aussi de construire un antécédent.
Que faire après un accident ?
Remplissez le constat sur place, même sans dégât apparent, et déclarez sous cinq jours ouvrés. Sans constat, l’établissement des responsabilités devient difficile et se retourne souvent contre vous.
Mon véhicule est déclaré épave, puis-je le garder ?
Oui si le véhicule est réparable et non dangereux. Vous refusez alors l’offre de rachat, mais devez faire lever l’opposition après réparation et contrôle.
L’assistance 0 km, est-ce utile ?
Elle permet le dépannage devant chez vous, là où l’assistance standard n’intervient qu’au-delà d’une certaine distance du domicile. C’est pourtant là que surviennent la plupart des pannes de batterie.
Faisons le point sur votre contrat auto
Nous vérifions votre garantie du conducteur, vos franchises et vos plafonds, puis comparons plus de 40 assureurs. Sans frais de courtage et sans engagement.
Obtenir mon comparatif Prendre rendez-vousÀ lire aussi : assurance auto à Bordeaux · flotte automobile
Conduire à Bordeaux : ce qui pèse sur votre prime
Votre commune de stationnement influence directement votre tarif. Bordeaux intra-muros présente une sinistralité plus élevée que les communes périphériques, en raison de la densité, du stationnement en voirie et des actes de vandalisme.
À garanties identiques, un véhicule garé dans un garage fermé à Mérignac ou Pessac coûte généralement moins cher qu’un véhicule stationné dans la rue à Bordeaux. Déclarez précisément votre mode de stationnement, c’est l’un des rares leviers immédiats sur votre prime.
La métropole bordelaise a mis en place une ZFE qui restreint progressivement la circulation des véhicules les plus anciens. Si vous envisagez de changer de véhicule pour cette raison, c’est le bon moment pour revoir votre contrat : le tarif dépend fortement du modèle et de sa motorisation.